Musée de l'Image | Ville d'Epinal

Collections

Le Musée de l’Image gère l’une des plus importantes collections d'images populaires françaises et étrangères (25 000) du 17ème siècle à nos jours. Il conserve des images imprimées à Epinal mais aussi dans tous les centres imagiers en France (Orléans, Chartres, Paris…) et à l’étranger (Allemagne, Inde ou Japon…).

Le musée acquiert aussi des images contemporaines, comme les maquettes de papier ou les images scolaires, dans la continuité des productions traditionnelles.

Vous pouvez consulter une sélection d'images du fonds du Musée de l'Image en suivant l'article "Aperçu des collections".

 

Qu'est-ce que l'imagerie populaire ?

L'imagerie populaire naît avec les techniques d'impression mécanique, d'abord la xylographie puis la gravure sur cuivre au 17ème, la lithographie au 19ème siècle, l'offset... Ces techniques successives ou concomitantes permettent de reproduire à l'infini les sujets et de les diffuser à moindre coût au plus grand nombre de lecteurs.

Si jusqu'au début du 19ème siècle, l'imagerie sert la religion catholique dont elle est l'outil de propagande, elle se laïcise par la suite. A partir de 1830, elle participe à la construction du mythe napoléonien, elle se fait l'écho de l'actualité et dirige l'opinion pour les gouvernements successifs.

Vue de l'exposition permanente

 

Vers 1840, elle devient un instrument pour l'éducation de l'enfant. Pour la première fois, elle diffuse des sujets de littérature traditionnelle sous forme de vignettes, une formule qui fera les beaux jours et la réputation de l'imagerie dite d'Epinal. Quittant les sujets imposés de la littérature traditionnelle, des milliers d'historiettes au sujet moral et manichéen sont spécialement créés pour édifier filles et garçons... Pour l'éducation des enfants, les imagiers publient également des jeux, des théâtres de papier, puis à partir de 1860, des images à découper et à construire : architectures, poupées à habiller, tableaux animés à l'aide de tirettes...

A la fin du 19ème siècle, l'éducation et les loisirs des enfants sont devenus la principale préoccupation des imagiers. Mais la concurrence des éditeurs de librairies enfantines de plus en plus nombreux et spécialisés, rend difficile la survie d'une image qui reste dans l'esprit de tous une image « populaire » et dorénavant « enfantine ». Les imagiers – et surtout l'imagerie d'Epinal – mettent alors l'esthétique de leurs créations au service de la réclame de toute sorte de produits de consommation. Les couleurs vives et primaires, la disposition en vignettes des historiettes de l'enfance attirent l'oeil du passant auquel sont distribuées ces feuilles de réclame.

Qu'elle soit image de préservation, à décorer, à découper, édifier, jouer, informer..., l'image populaire véhicule toujours un sens, elle a une fonction.

 

L'image d'Epinal

L'image populaire est un phénomène culturel européen, voire chrétien qui se diffuse ensuite au 19ème notamment aux régions sous influence européenne, colonisée et évangélisée.

Dans presque tous les pays d'Europe se trouvent des imagiers. En France, jusqu'au début du 19ème siècle, les imagiers d'Orléans, Chartres, Toulouse, Paris sont les plus réputés. Epinal est alors un petit centre de fabrication de cartes à jouer et quelques-uns de ses cartiers gravent également des feuilles « de saints ».

Vue de l'exposition permanente

 

La Révolution transforme le paysage de ces artisanats. Rois et reines des cartes à jouer sont interdits, les représentations de saints et sujets religieux ne sont plus d'actualité. Beaucoup d'imagiers et de cartiers ferment leur boutique et changent d'activité. A Epinal, Jean-Charles Pellerin issu d'une longue lignée de cartiers reprend ses affaires sous l'Empire, un gouvernement politique qu'il approuve. Il réédite quelques vieux bois religieux conservés dans ses greniers et surtout, il est un des rares imagiers de province à réaliser une série de portraits des membres de la famille Bonaparte, de ses généraux, à décliner tous les prestigieux corps des armées impériales en soldats de papier, et à affirmer ainsi son soutien à l'Empereur Napoléon.

En retour, il obtient le très convoité brevet d'imprimeur que Napoléon dispense dorénavant avec parcimonie afin de mieux surveiller les imprimeurs. Les imagiers sans brevet qui souhaitent imprimer des textes sur les images doivent sous-traiter et donc augmenter le coût de leurs feuilles. Ils disparaissent très vite et les grands centres imagiers tels Chartres, Orléans et Toulouse s'éteignent avant 1830. Pellerin, lui, innove, mécanise, agrandit. On aime ses images car elles sont coloriées avec des couleurs vives, la « mine orange » surréaliste plaît et d'autres imagiers à Montbéliard et Belfort le copient.

Vue de l'exposition permanente

 

Après quelques ennuis lors de la Restauration en 1815, il réitère son attachement à l'Empereur en éditant une série de grands formats à la gloire de Napoléon qui établit définitivement la réputation de l'Imagerie d'Epinal. Au cours du 19ème siècle cette réputation ne fait que s'amplifier malgré une concurrence très âpre dans le grand Est à Metz, Wissembourg, Pont-à-Mousson... et même à Epinal, le dessinateur de Pellerin, Charles Pinot, crée une imagerie concurrente. Cette guerre économique favorise une émulation qui pousse chacun des imagiers à se surpasser et à sans cesse à innover. Les années 1850 à 1870 constituent l'âge d'or de l'imagerie populaire... dont l'imagerie des Pellerin sort grandie.

L' « image d'Epinal » est d'ores et déjà l'appellation générique de toute image populaire. Metz et Wissembourg sont annexées à l'Empire germanique en 1870 et perdent leur accès au marché français. L'imagerie Pinot périclite après la mort de son fondateur en 1874. Pellerin la rachète et 1888 et peut écrire « Nous sommes redevenus d'Epinal à nous seuls ».

Le fonds du musée de l'Image conserve de nombreuses feuilles produites dans les grands centres imagiers français du 17ème siècle à nos jours. Mais il est particulièrement riche de cette période du 19ème siècle qui voit la mise en place des imageries de l'ère industrielle dans l'Est de la France (Epinal, Metz, Jarville, Pont-à-Mousson...). Les imageries étrangères sont également présentes : Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, Autriche... mais aussi Inde, Japon, Chine...

Quelques éléments d'impression (bois gravés et pierres lithographiques) proviennent essentiellement de l'imagerie d'Epinal.

 

Les acquisitions du musée

Aujourd'hui, le Musée de l’Image s’est engagé dans une politique d’acquisition à double objectif : consolider les fonds existants en complétant ses lacunes (imageries étrangères, images à découper, production moderne d’Epinal…) et dégager autour de l’image populaire actuelle une continuité avec les productions anciennes. Dans la diversité des fonctions portées par l’image populaire au 19ème siècle, les images à découper et à monter sont celles, rares, qui perdurent encore aujourd’hui sous la forme de feuille volante qui la caractérise. C’est pourquoi, le Musée de l’Image a engagé à long terme une campagne d’acquisitions d’images d’architecture françaises et étrangères auprès de l’Instant durable, Schreiber-Bogen, Piroux…

Vue de l'exposition permanente

 

S’il est vrai que les collections du musée sont avant tout des estampes populaires, le musée doit aussi se tourner vers la question de l’image aujourd’hui, en se tournant vers les rapports éternels entre image savante et populaire. La production des images n’a jamais été qu’un échange permanent entre des regards, des références, en adéquation complète ou en opposition à leur modèle. Les artistes contemporains, que ce soient les peintres, graveurs, illustrateurs, photographes, écrivains ou metteurs en scène perpétuent cette relation. Au rythme de ses expositions temporaires, le Musée de l’Image acquiert des œuvres d’artistes contemporains dont le travail s’est trouvé en rapport avec notre démarche de lecture, de référencement… aux images. Les peintures de Dorothée Selz et les images de la série de guerre, les photographies de Clark et Pougnaud et le thème des degrés des âges

 

Prochaines expositions